On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

samedi 20 juillet 2019

Patrick Boucheron, Léonard et Machiavel

Le chapitre 25 du Prince de Machiavel compare la Fortune à un fleuve qu'il convient d'endiguer aux temps calmes afin d'en détourner la fureur aux heures inquiètes de violence et d'incertitude et c'est entre le libre-arbitre de l'homme et les déterminations de la Fortune - cette divinité changeante, capricieuse et sadique qui commande la destinée des hommes - un jeu égal à cinquante cinquante. Mais ces brèves lignes, si importantes pour comprendre la conception machiavélienne de l'art de gouverner - ne sont pas qu'une simple analogie, un ornement littéraire (dont l'oeuvre, dans son écriture sèche, est tout à fait dénuée, mis à part l'appel enflammé à l'unité de l'Italie sur lequel il se clôt) . La comparaison se rapporte à un fait, historiquement documenté dans les archives de la Seigneurie. Machiavel participa, entre août et octobre 1504, aux gigantesques travaux de détournement du fleuve qui traverse la cité, l'Arno, afin d'assécher le port ennemi et la rivale de toujours, la ville de Pise. Ce qu'on sait moins, c'est que cette entreprise qui devait échouer lamentablement mit en relation Machiavel avec... Léonard de Vinci.
Cette histoire, si prompte à exciter l'imagination, m'était connue par le livre de Roger D. Masters," Fortune as a River, Leonardo da Vinci and Nicollo Machiavelli's Magnificent Dream to Change the Course of Florentine's History" [Penguin, New-York, 1999]. Patrick Boucheron reconstitue dans un merveilleux petit livre, Léonard et Machiavel*, que je viens de découvrir, le parcours de ces deux hommes dont - chose étonnante - aucun ne parle jamais de l'autre, bien qu'ils furent associés à ce projet et que le Secrétaire de la Seigneurie apposa, le 4 mai 1504, sa signature à l'acte notarié qui commandait au Maître la réalisation de la Bataille d'Anghiari au mur d'une salle du couvent de Santa Maria Novella (l'autre mur fut confié à Michel-Ange). Peu de temps auparavant, tous deux s'étaient trouvés aux côtés de Cesar Borgia dont la figure occupe une si large place dans Le Prince.
Parce que Patrick Boucheron est un d'abord un historien de métier, il n'invente rien et ne va pas au-delà de ce que nous savons et qui est bien peu. Mais il nous livre l'éblouissante reconstitution de cette Italie du début de XVIe siècle, déchirée par les guerres intestines et les invasions étrangères, et, en bref, le parcours de ces deux créateurs dont le seul nom est l'évocation de tout un monde et qui, à plusieurs reprises, se rencontrèrent assez durablement pour que notre imagination s'empare et comble le manque des traces absentes. L'historien s'interdit cette liberté que nous, lecteur, avons, mais du moins la suscite-t-il. La grande réussite de cet petit bijou réside dans son pouvoir d'évocation, qui va bien au-delà de l'érudition.

________________________
* Verdier poche, 2008

1 commentaire:

Adrianna a dit…

Après 5 ans de relation avec mon petit ami, il a soudainement changé et a cessé de me contacter régulièrement. Il proposait des excuses pour ne pas me voir tout le temps. Il a cessé de répondre à mes appels et à mes sms et il a cessé de me voir régulièrement. J'ai ensuite commencé à le rencontrer avec différentes amies de filles, mais à chaque fois, il disait qu'il m'aimait et qu'il avait besoin de temps pour réfléchir à notre relation. Mais après que j’ai contacté (padmanlovespell@yahoo.com), Dr.Padman du temple des sorts jeté un sortilège d’amour et après un jour, mon petit ami a commencé à me contacter régulièrement et nous avons emménagé ensemble au bout de quelques mois et il était plus ouvert à moi. qu’avant et il a commencé à passer plus de temps avec moi que ses amis. Nous nous sommes finalement mariés et nous sommes maintenant mariés avec bonheur depuis 2 ans avec un fils. Depuis que le Dr. Padman de padmanlovespell@yahoo.com m'a aidé, mon partenaire est très stable, fidèle et plus proche de moi qu'auparavant