On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

lundi 15 avril 2013

Recycled Orchestra : des déchets à la musique

L'histoire émouvante du recyclage de déchets qui, transformés en instruments de musique, apportent joie et espoir aux enfants des bidonvilles en Uruguay. Quel rafraichissement après le billet précédent !


Vous pouvez lire plus de détails et soutenir ce magnifique projet à l'adresse suivante :
  • www.landfillharmonicmovie.com/
  • 22 commentaires:

    Madjid Mickael (L3 Sepad) a dit…

    L’intelligence de l’Homme se manifeste de bien des façons, et le besoin d’élévation, qui lui est inhérent, n’a de cesse de réclamer les cieux ; fussent-ils dans l’extase produit par la « symphonie des déchets ».

    De tout cela il est une chose à méditer : Le « beau » peut-il surgir du « laid » ?

    MathieuLL a dit…

    Agréable vidéo.

    Je suis partagé entre respect et colère : si l'on considère l'art comme l'expression de la pure gratuité de l'appréciation esthétique, alors ces jeunes gens, manifestement ne font pas de l'art pour faire de l'art mais ils apprennent à survivre par l'art, réduisant ainsi l'art à l'état d'objet et non de fin en soi. Mais si l'on considère que leur recyclage des déchets en vue de la fabrication d'instruments de musique exprime une idée qui, par-delà son rapport sensible à leur situation, est regardée avec désintérêt, c'est-à-dire que ceux-ci éprouvent gratuitement la beauté intrinsèque de l'idée que leur entreprise incarne, alors on peut considérer que ces jeunes gens ont effectivement dépassé les liens du sensible pour élever leur âme à la pure contemplation idéale, celles des idées qui, exprimant la nature humaine, sont à regarder pour elles-mêmes et non pour leur utilité. De quelle idée s'agit-il ici ? De celle objectivant la sublimation du vulgaire en oeuvre de l'esprit, la transformation du chétif en quelque chose de glorieux. Cette idée est d'ailleurs incarnée révélée dans leur propre situation. C'est en outre leur propre vie qu'ils jouent et, en ce sens, ils font étalage de leur être en prenant du recul sur celui-ci, prenant leur existence comme objet extérieur de contemplation.

    C'est donc une oeuvre d'art.

    Pascale Boulogne a dit…

    Au départ, ça semble tellement évident qu'une maison est plus importante qu'un violon.
    Il suffit d'ouvrir les yeux sur la résurgence de nos propres bidonvilles pour comprendre la nécessité la plus élémentaire d'avoir un toit et des conditions de vie décente. Un bidonville, c'est d'abord un choc visuel, une claque de couleur et de choses brinquebalantes, qui s'impose à notre regard, à nos sens qui se hérissent. Bien sûr, nous préférerions ne pas savoir que des hommes vivent comme des rats, bien sûr, nous aimerions que toutes ces images sortent de nos têtes car elles nous dérangent.
    C'est notre différence qui saute aux yeux car, notre confort, même fragile, nous distingue.
    De là, on peut se sentir indignés ou au contraire penser que ces hommes qui acceptent de telles conditions ne sont finalement qu'une espèce d'homme inférieure. Et malheureusement pour nous, la crise économique mondiale dont on nous rebat les oreilles, celle qui nous menace directement, chaque jour, de sombrer dans la détresse nous semble tout à coup bien dérisoire et d'aucune aide pour lutter contre nos démons. Elle est balayée d'un revers inattendue et nous incite alors, à voir les choses en face. Notre crispation individuelle, notre repli communautaire de bien-pensants et de bien-consommants, notre absence de générosité, notre peur de l'autre, tout ressurgit alors pour celui qui n'a rien provoqué mais se sent coupable de n'avoir pas vu en l'autre son semblable.
    Nous sommes parfois submergés par des préjugés, comme ceux-là : comment des pauvres pourraient-ils penser à autre chose qu'à survivre ? Comment pourraient-ils seulement songer ?
    Ce qui choque dans cette vidéo, c'est le contraste entre ces activités humaines centrées sur le recyclage des restes des autres, qui ne vivent pas là, et la musique, ultime raffinement, plaisir qui a pris racine en ces lieux.
    La musique est une connivence des sens, elle se fait, elle s'écoute, elle se partage, elle est une expression de plaisir ou de peine à communiquer. Ici, elle tend à devenir une nourriture spirituelle qui emplit l'estomac de la légèreté des papillons. Là, elle devient une façon de se montrer, d'être existant à égalité avec le reste de l'humanité.
    Ce monde recèle ce qu'il y a de plus beau et ce qu'il y a de pire mais dans tous les cas, nous avons cette chance de pouvoir nous échapper du réel lorsqu'il nous réduit à n'être plus que conservation de soi. La vulnérabilité économique n'entame pas l'élan vital, celui qui permet de s'affranchir de se libérer d'un monde trop réaliste. L'évasion est commune à tous car nous ne sommes pas que des êtres matériels. Pour finir, l'accordéon n'est-il pas plus important qu'une caravane ?

    Emmanuel Gaudiot a dit…

    C'est de l'art, à l'état pur ! A l'état de techniques que l'on met en oeuvre pour la fabrication : cette indescriptible perfection du geste in-formant la matière qui devient instrument. On s'émerveille de l'artiste luthier qui fait naître un instrument ; ici le luthier doit apprendre sa matière aussi : il ne se contente pas de connaître quel bois conviendra, il devra découvrir quel objet pourra être converti (presque au sens théologique) en instrument.
    L'art présent aussi dans sa forme habituelle -comme une manifestation de l'intelligible. On est tenté de rapprocher cette aventure humaine formidable de la réminiscence platonicienne : la beauté émerge des ordures.
    Mais le plus beau dans cette affaires, c'est que cette émergence se produit dans et par l'homme.
    En effet,Michel, ça tranche dur avec le billet précédent!
    Merci.
    E

    Jean-baptiste Richard a dit…

    Merci pour cette vidéo pleine de fraicheur en effet. Quelle créativité ! Après avoir visionné cette vidéo, on a l'impression qu'avec rien, on peut tout faire ! Qui a dit que rien ne se fait de rien ? Il y a là une poétique et une philosophie de la débrouille et de la récup'. C'est un véritable art de vivre. De quoi donner de l'urticaire aux luthiers les plus puristes...
    Jean-baptiste Richard, M1 sepad

    Alexandre miele a dit…

    Très belle vidéo, l'émotion prend réellement son envole lorsque Juan Manuel Chavez joue sa première note sur le violoncelle, dont le son n'a d'ailleurs rien à envier à un modèle plus conventionnel, et après nous avoir expliqué de quoi celui-ci était composé.
    Il y a ici confrontation entre la misère de ces enfants des bidonvilles et la beauté de la musique.
    La création n'est pas seulement production d'objet dans ce cas, elle vise aussi et surtout à l'essence de la vie, le créateur (la chaîne de création : luthier – professeur de musique – l'enfant utilisant l'instrument) effectue un acte d'explication avec la vie et un pied de nez à leur destin.
    Je compare ici les deux extrêmes que sont les déchets utilisés et l'émotion du son, de la matière première à la fin à laquelle celle-ci est destinée. Je laisse de côté l'aspect esthétique visuelle de l'objet, convaincu qu'avec le temps, beaucoup d'autres objets fabriqués avec des déchets ont déjà due être considérés comme des œuvres d'art.
    Ce qui m’émeus ici, c'est de prendre conscience qu'un assemblage d'objets et de matériaux délaissés par une catégorie d'individu qui ferme le plus souvent les yeux sur les bidonvilles est capable de créer une disposition intérieur au bonheur à ces enfants de la misère. Une jouissance qui fait rempart à leur quotidien. La musique est à la fois un échappatoire à leur misère et un moyen de l'exprimer quand les mots manquent.

    Jean-René Peggary a dit…

    Nous connaissions l’art contemporain du détournement d’objets, art plastique et visuel, où l’objet quotidien, pas forcément déchet ni dévalorisé, se meut via l’artiste en œuvre d’art. Ici nous allons du déchet d’objet à l’objet reconstitué : l’instrument de musique. Il y a là une victoire sur la pauvreté et l’aliénation matérielle en ce sens que l’objet-instrument de musique renaît tant bien que mal par des techniques et des matériaux différents. En soi, comme le souligne Jean-Baptiste, c’est bien là un travail achevé de lutherie qui permet à ces jeunes de vivre leur passion de la musique ; il y a là quelque chose de génial à faire beaucoup avec peu ou presque rien ; on pourrait presque imaginer un projet de lutherie-humanitaire où des maîtres luthiers viendraient apporter leurs connaissances et leur art au service de cette initiative locale. J’adhère également à l’idée d’Emmanuel qui parle de « conversion » quasi « théologique » de la matière puisque cet art de lutherie de fortune permet à lui seul l’expression d’un art musical qui ne pourrait exister sans le premier. Des quelques extraits musicaux et des propos de la vidéo se dégagent de la joie, un sentiment d’élévation morale, et un dépassement des conditions difficiles de vie qui imposent admiration et respect. S’il faut un peu philosopher à cette occasion ce serait de reconnaître que j’ai bien de la chance d’être confortablement chauffé et assis derrière mon écran d’ordinateur et que dans quelques minutes je gratterai quelques accords sur ma guitare (de luthier…). Et de repenser à ce diapsalmata de Kierkegaard cité par M.Daval dans son cours de Master1, où l’on nous dit selon l’image des « infortunés » emprisonnés dans les flancs du Taureau de Phalaris, que l’art du poète cache sous ses « harmonieux accents » un fond de douleur et de souffrance. Alors, si la musique est aussi poésie, même si nous sommes subjugués par les performances techniques, musicales et humaines de ces jeunes musiciens qui n’aspirent qu’à l’art et au bonheur, n’oublions ce fond de souffrance transfigurée, bien difficile à entendre lorsqu’elle nous touche à l’état brut. Et de conclure avec Kierkegaard : « car le cri nous plongerait dans l’angoisse, tandis que l’harmonie est suave. »

    Jean-René Peggary Master1 Sepad

    Monica Dumitrache a dit…

    Cette vidéo est en effet très rafraîchissante et riche philosophiquement et il me semble
    que l'on peut l'analyser au travers de la question de l'interprétation de la réalité,
    développée dans la pensée de Nietzsche. Nous percevons la réalité en fonction du type
    d'êtres vivants que nous sommes, de notre rapport aux choses, mais aussi de l'univers
    culturel auquel nous appartenons. Si nous vivons dans une société riche, comme c'est le
    cas de l'Europe occidentale, nous sommes peut-être, dans une certaine mesure, ankylosés
    par son raffinement et prisonniers de ses cadres et de ses formes. Mais dans le contexte
    présent, la pauvreté peut devenir une source d'approfondissement intérieur et les gens
    qui vivent dans ce bidonville d'Uruguay arrivent à percevoir les déchets comme des
    instruments de musique virtuels, en sublimant ainsi une réalité sombre par le biais de
    l'art. Cette idée est exprimée clairement par la devise de cette initiative: "The world
    sends us garbage. We send back music.".

    C'est en effet exquis d'entendre Bach joué sur une vieille boîte de conserve transformée
    en violoncelle. Ce son si pur qui s'évade de cette matérialité rigide est, peut-être,
    l'expression-même de la grâce. Cela m'a fait penser à Emil Cioran, qui admirait Bach et
    qui écrivait sur la grâce les lignes suivantes: "La grâce [...] mène à un sentiment
    harmonieux, à un accomplissement naïf, qui exclut la sensation d'isolement. Elle crée un
    état d'illusion, où la vie nie et transcende ses antinomies et sa dialectique démoniaque,
    où les contradictions, l'irréparable et la fatalité disparaissent temporairement pour
    laisser place à une sorte d'existence sublimée. [...] La grâce [...] représente une victoire
    sur la pression des forces d'attraction souterraines, une évasion des griffes bestiales,
    des penchants démoniaques de la vie et de ses tendances négatives. Qu'on ne s'étonne
    point si la vie apparaît alors plus lumineuse, drapée d'un éclat radieux." (Sur les cimes
    du désespoir)

    L'orchestre, son créateur et les luthiers, tels des "dandys des gadoues", sont un exemple
    de grâce, de force humaine, de solidarité, d'ingéniosité et d'espoir en un avenir
    meilleur et en une réalité plus lumineuse...

    Monica Dumitrache (étudiante en L2 au SEPAD)

    Romain D. a dit…
    Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
    Florent Belpaume a dit…

    Très belle vidéo : pleine de fraîcheur. On ne s'attendra évidemment pas avec de telles instruments à entendre des interprétations magistrales, mais on saluera déjà l'entreprise de quelques esprits innovants qui, même lorsque la fortune a rejetée et condamnée à la pauvreté matérielle des villes entières, arrivent à l'invoquer de nouveau dans la partage de la richesse spirituelle pour, ensuite, offrir à des enfants la joie de se perfectionner dans la musique.
    Florent Belpaume sepad L3

    Bruno Mazurczak inscrit en Master 1 PHILO REIMS a dit…

    De mon point de vue, certains commentaires, (minoritaires) intellectualisent, ou plus précisément tentent d'intellectualiser immédiatement leur analyse, qui de mon point de vue, pèche par un excès...d'analyse, justement, en oubliant le coeur du propos : l'émotion et la sensibilité musicale. Il y a dans la musique une grâce, qui lorsqu'elle vous touche, peut vous emmener très loin. Le jeune fille qui se trouve maladroite le résume d'ailleurs très bien : quand j'entends le son d'un violon, je sens un papillon dans mon estomac. Avant le commentaire, il y a l'écoute. Et avec l'écoute, pourquoi pas la compréhension de la découverte de ces jeunes. La force sensible de la musique qui vous fait tout oublier, qui vous transporte et qui devient indispensable. Sous son charme on n'est plus jamais le même.

    Bruno Mazurczak inscrit en Master 1 PHILO REIMS a dit…

    Je me permets d'ajouter que pour ma part, je souscris dès à présent et dans tous les sens du terme à la démarche du landfillharmonicmovie...

    MathieuLL a dit…
    Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
    MathieuLL a dit…

    Bonjour Bruno,

    Je ne crois pas qu'intellectualiser l'art revienne à en supprimer l'émotion. Cet argument me rappel celui des gens qui croient que le physicien ou le mathématicien ne savent pas apprécier un couché de soleil parce qu'ils verraient des ellipses, des paraboles, des séries de Fourrier ou que sais-je encore. En fait, vous vous attardez, à juste titre bien sûr, sur le fond de l'oeuvre(la sensibilité) alors que j'ai tenté d'analyser la forme de l'oeuvre d'art en question. Celui qui a beaucoup parlé de la musique, Schopenhauer, voyait en elle la forme la plus élevée de l'art car il l'assimilait au langage même de l'âme. Cela ne la pas empêché de reprendre la théorie platonicienne des Idées pour voir en l'oeuvre d'art, ainsi que je le disais, l'émergence, dans le monde "sensible" (le monde comme représentation) d'un attribut du monde comme chose en soi (le monde comme volonté). On peut en effet se situer dans deux perspectives complémentaires : l'analyse de l'Idée en question (le "de quoi" de l'oeuvre) et la contemplation de l'idée, c'est-à-dire l'affect associé (le "quoi" de l'oeuvre).

    Bruno Mazurczak inscrit en Master 1 PHILO REIMS a dit…

    Bonjour Mathieu,
    Ca n'est pas à toi que je pensais, mais puisque tu sembles le souhaiter ! Pour ce qui te concerne, je pense que tu réduis le contenu de cette vidéo à une alternative. As-tu songé que peut-être, ce contenu n'avait aucun rapport avec tes deux propositions qui provoquent en toi respect et colère…respect ou colère ; respect ; colère ??? Personnellement, je vois (et peut-être, je me trompe) des jeunes qui font de la musique en s'impliquant physiquement, sensiblement et intellectuellement dans sa pratique. Je vois une adéquation de la technè et de la poiesis. Pas de quoi en faire un fromage, mais c'est une bonne occasion de se réjouir, car c'est beau et touchant. Je ne pense pas qu'on puisse détacher froidement la procédure de cette action à ce que ressentent ces adolescents. C'est d'ailleurs même ce qui m'intéresse, leur discours pour savoir ce qu'ils ressentent. La musique renvoie potentiellement à l'auto discipline à à l'inverse, une capacité à lâcher prise dans l'interprétation, à la rigueur et à l'inverse, à l'interprétation et à l'improvisation, au discours ; à la profusion et à l'économie , aux humeurs heureuses ou malheureuses etc…L'instrument peut devenir l'extension du corps sur un mode fusionnel, un flux qui te traverse pour déposer un improbable papillon dans l'estomac.
    Concernant la réponse que tu m'adresses personnellement, je ne pense pas non plus qu'intellectualiser l'art revienne à en supprimer l'émotion…mais je ne vois pas le rapport entre notre vidéo et ce sujet de dissertation. Quant à Schopenhauer, il me suffit de le lire pour me faire une opinion de ce qu'il pourrait hypothétiquement en penser. Par contre, je suis beaucoup plus enclin à lire ton avis personnel et pourquoi pas, sans références. Enfin, je ne suis pas là pour polémiquer ; vraiment ; je veux me détendre dans un espace de sympathie. Disons, que je pense que l' on peut discuter, sans disputer, sur un forum destiné au partage, gratuit, de ce qui a touché à un moment donné son créateur ou ses participants.

    MathieuLL a dit…

    Re-bonjour Bruno,

    Rassurez-vous : je ne polémique pas. Désolé, en outre, si je me suis appliqué votre commentaire. De toute façon, cela ne me dérange pas. Au contraire ! J'essaie toujours de contre-balancer les points de vue et, j'en suis convaincu aujourd'hui, le meilleur moyen est l'hyperbole, l'emphase, l'extrême, ce qui était le sens même de "respect et colère". Franchement, vous m'avez pas pris au sérieux ?!...

    Pour Schopenhauer, vous avez raison : il manque les références. Il faut lire le livre III du Monde comme volonté et représentation. C'est là que Schopen. développe sa propre théorie platonicienne des Idées (mais déjà dans les autres livres). Quelques citations (§52) :

    "Les Idées (au sens platonicien) sont l’objectivation adéquate de la volonté. Le but de tous les arts est d’exciter l’homme à reconnaître les Idées. Ils y arrivent par la reproduction d’objets particuliers (les œuvres d’art ne sont pas autre chose) et par une modification correspondante du sujet connaissant. Les arts n’objectivent donc pas la volonté directement, mais par l’intermédiaire des Idées. Or, le monde n’est que le phénomène des Idées multiplié indéfiniment par la forme du principium individuationis, seule forme de la connaissance qui soit à la portée de l’individu en tant qu’individu.

    Mais la musique, qui va au delà des Idées, est complètement indépendante du monde phénoménal ; elle l’ignore absolument, et pourrait en quelque sorte continuer à exister, alors même que l’univers n’existerait pas : on ne peut en dire autant des autres arts. La musique, en effet, est une objectité, une copie aussi immédiate de toute la volonté que l’est le monde, que le sont les Idées elles-mêmes dont le phénomène multiple constitue le monde des objets individuels. Elle n’est donc pas, comme les autres arts, une reproduction des Idées, mais une reproduction de la volonté au même titre que les Idées elles-mêmes. C’est pourquoi l’influence de la musique est plus puissante et plus pénétrante que celle des autres arts : ceux-ci n’expriment que l’ombre, tandis qu’elle parle de l’être."

    ET ENFIN : "...De là vient qu’on a toujours appelé la musique la langue du sentiment et de la passion, comme les mots sont la langue de la raison. Platon la définit : le mouvement des airs de musique imitant les passions de l’âme (De legibus, VII) ; et Aristote se demande : « comment le rythme, comment les airs musicaux, comment en définitive de simples sons, peuvent-ils arriver à représenter les sentiments ? » [Probl., c. 19.]".

    Bien à vous et au plaisir d'en rediscuter !
    MLL

    smith john a dit…

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    Bruno Mazurczak inscrit en Master 1 PHILO REIMS a dit…

    Mathieu, vouloir toujours contre-balancer les points de vue c'est déjà s' étouffer dans un carcan en réduisant sa réflexion par l'exclusion d'une possibilité d'adhésion. On peut contre-balancer, mais on peut aussi appuyer. On peut réfuter, mais on peut aussi soutenir et étayer. En outre, être « convaincu que le meilleur moyen est l'hyperbole, l'emphase, l'extrême »...c'est signe d'une volonté d'imposer ses opinions. D'ailleurs, L'hyperbole, l'emphase (pas l'extrême, je suis désolé), sont des excipients qui aident à faire passer la médication. Dans le cadre d'un échange, je fais davantage confiance à l'argumentation. Peu importe qu'elle soit stylisée ou dépouillée.
    Les éléments qui me semblent importants sont : Mathieu est-il touché par la musique et à quel degré ? Et par voie de corrélation, Mathieu est-il en empathie ou pourquoi pas, en désaccord avec ce qu'expriment ces jeunes musiciens ?

    Par contre, ce que Schopenhauer pense de ce projet à travers le filtre de Mathieu qui suppose ce que Schopenhauer en dirait ; là non. Disons que ça nous confine à la doxographie.
    Lorsqu'on convoque des auteurs pour appuyer une pensée personnelle ça m'intéresse. Par contre, s'appuyer uniquement sur un auteur sans développer ses propres arguments, hé bien oui, ça m'intéresse beaucoup moins.
    Toutes mes excuses Mathieu, je m'arrête ici, car nous sommes désormais complètement en dehors du sujet du billet. Et vive le doute.

    MathieuLL a dit…
    Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
    MathieuLL a dit…

    Oui Bruno, je comprends très bien. Tiens, voici mon adresse : mathieu.lopesluis@laposte.net , ce qui nous permettra éventuellement de communiquer car je ne trouve pas ton adresse mail (au présent comme à l'avenir). Permet-moi de conclure sur ce propos et de le rallier au sujet. Contre-balancer, c'est l'essence même de la dialectique. Je pense que Monsieur Terestchenko nous invite à penser, comme c'est la devise du blog, et non simplement à décrire. J'ai tenté cela en reprenant à mon compte la théorie de Schopenhauer, sans la déformer, mais en y introduisant MA vision de Cette oeuvre en question. (( Mais à la fin, je ne te suis plus : tu me repproche de présenter Schopenhauer à travers le filtre Mathieu... puis tu dis être intéressé par les gens qui s'appuient sur des auteurs pour présenter leur pensée personnelle... J'y vois une contradiction, d'autant plus que mon tout premier commentaire était, je crois, bien argumenté.))

    Amicalement, et n'hésite pas à me joindre pour échanger !

    Maud a dit…

    "La vie ne vaut pas le coup sans la musique" dit une petite fille. Comment, en entendant cela, ne pas trouver l'idée géniale? Des ordures sublimées en frissons.

    Irène P-E a dit…

    Merci pour cette inspiration. Un message d’un monde en détresse qui doit être soutenu. Je me propose de participer à l’aide en publiant cette video.