On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

vendredi 19 décembre 2008

A vos références

Je me suis toujours étonné que la notion de bonté tienne si peu de place dans la tradition philosophique, mis à part chez Rousseau bien sûr, Schopenhauer, Hannah Arendt (qui en fait la critique) et chez Lévinas. La bonté n'est ni une vertu, moins encore le présupposé du devoir, et elle est plus que la bienveillance, ou alors sous la forme quasi inaccessible de la bienveillance ou de la compassion généralisée, en sorte qu'il ne s'agit pas à proprement parler d'une catégorie morale. En amont, elle s'enracine dans la nature (chez Rousseau), en aval, elle accompagne la sainteté. Quelque chose comme un état, non une disposition ou une intentionnalité : on ne peut vouloir être bon et l'être tout à fait, alors qu'on peut vouloir être juste, équitable, honnête, respectueux des autres, et, dans la conséquences des actes qui se déduit de cette intention,trouver l'horizon d'une réalisation de soi. Mais la bonté, c'est tout autre chose qu'une visée ou qu'une orientation. Je laisse de côté l'argument, qu'il faudrait pourtant creuser, selon lequel la bonté est une manière de l'imbécillité.
Voudrait-on écrire un livre sur ce sujet, quelles seraient les références, littéraires et philosophiques ? En vrac : Hugo - Jean Valjean est une sorte de saint laïc -, Dostoïevski, sans doute (Aliocha et le prince Mychkine), Melville (Pierre ou les ambiguïtés), Bernanos, Shusaku Endô (La fille que j'ai abandonnée), etc. J'ai tapé le mot dans le Trésor de la Langue Française Informatisé (TLFI), comme on pouvait s'y attendre, les occurrences sont assez peu nombreuses.
J'en appelle à vos lectures pour me faire partager vos références...
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