On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

jeudi 30 juin 2011

In Memoriam


Le grand éditeur, fondateur de L'Age d'Homme, Vladimir Dimitrijevic est mort à 77 ans dans un tragique accident de voiture, survenu le 28 juin.

Voici la courte notice biographique que lui consacre le site en ligne du Nouvel Obs :

Sa biographie ressemble au synopsis d’un beau roman. Né en 1934, Vladimir Dimitrijevic a été gardien de but en Yougoslavie, jardinier, couvreur, puis ouvrier d’usine en Suisse avant de devenir l’écrivain et éditeur que l’on connaît. C’était un touche-à-tout, avec toujours, dans sa vie, un coin pour la littérature, sa grande passion.
Naturalisé suisse, il fonde en 1966 en Lausanne sa propre maison d’édition, l’Age d’homme, dont le siège est aujourd’hui installé à Paris. Au lancement de ce projet de toute une vie, il souhaite d’abord faire connaître la littérature slave à l’Europe de l’Ouest par le biais de sa collection «Classiques slaves».
Son catalogue se diversifie ensuite, au fil des ans, et l’Age d’homme commence à publier revues, fictions et travaux universitaires. On doit notamment à Vladimir Dimitrijevic de vraies découvertes littéraires telles que «Vie et destin» (L’Age d’homme, 1980), de Vassili Grossman, dont l’histoire est centrée sur la bataille de Stalingrad, et «Cheval rouge» (L’Age d’homme, 1997) d’Eugenio Corti, un roman autobiographique sur fond de Seconde Guerre mondiale, mais encore la publication d'auteurs comme Ivan Bounine, Georges Haldas, Pierre Gripari, Vladimir Volkoff ou Alexandre Zinoviev. Liste non exhaustive, à laquelle il convient cependant d'ajouter encore cet ambitieux chantier: la réédition intégrale du «Journal intime» d'Amiel.

  • http://bibliobs.nouvelobs.com

    Je garde le souvenir ébloui d'un dîner avec un de mes amis, également disparu, le philosophe Jean-Louis Cherlonneix, pendant lequel "Dimitri", ainsi que tous l'appelaient, avait évoqué, autour de la modeste table d'un restaurant chinois, ses réflexions sur les systèmes totalitaires, ses rencontres avec les grands écrivains qu'il avait publiés, tel Vassili Grossman et bien d'autres encore. L'homme était d'une intelligence exceptionnelle, chaleureuse et brillante à sa façon et nous étions tout simplement subjugués par sa présence et sa parole. Nul plus que lui, malgré la faiblesse de ses moyens - il transportait lui-même ses livres dans sa camionnette, faisant chaque semaine la navette entre Lausanne et Paris - n'a fait connaitre la richesse, la beauté et la profondeur de la littérature slave, qui était le titre de sa collection phare. Avec sa mort disparaît un des plus grands éditeurs contemporains. Un homme absolument libre et indépendant. C'est une grande et triste perte.
    La librairie de l'Age d'Homme est située rue Férou, près la fontaine Saint Sulpice à Paris.
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