On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

vendredi 29 mai 2009

Peut-on critiquer le Père Patrick Desbois ?

L'émission "La fabrique de l'histoire", animée sur France-Culture par Emmanuel Laurentin, s'est penchée le 27 mai dernier sur les fortes réserves que nombre d'historiens formulent sur la qualité scientifique des investigations menées par le Père Patrick Desbois sur le massacre des Juifs en Ukraine, ainsi que sur la présentation médiatique d'une prétendue "découverte" qui, en réalité, était fort bien documentée et connue des spécialistes de la question. Patrick Desbois est l'auteur d'un livre qui a fait sensation, Porteurs de mémoires, Sur les traces de la Shoah par balles (Michel Lafon, 2007).

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    La philosophe et historienne, Alexandra Laignel-Lavastine - qui vient de publier la traduction française, accompagnée de notes savantes, de l'admirable ouvrage de Matatias Carp, Cartea Neagra, Le livre noir sur la destruction des Juifs de Roumanie, 1940-1944,(Denoël, 2009) - participait à l'émission. Ayant accompagné, au titre de conseiller scientifique, le Père Desbois dans ses enquêtes sur le terrain en août 2008, elle a également fait part de ses réflexions critiques. A la suite de quoi, a été immédiatement mis fin à son enseignement au séminaire, qu'elle co-dirigeait avec Edouard Husson et Patrick Desbois, "Ecrire l'histoire de la Shoah aujourd'hui" (master 1, master 2 et doctorat) à l'université Paris IV-Sorbonne. Cette décision brutale a déclenché, aux dires de l'intéressée, une avalanche de protestations de la part de la communauté scientifique et de la part de nombreux journalistes français et étrangers.
    Le Père Desbois serait-il donc devenu une icône intouchable ? Est-ce ainsi que doit être conduit en France le débat intellectuel, s'interroge Alexandra Laignel-Lavastine ?
    A suivre...
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