On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

samedi 24 janvier 2009

Du grain à moudre

Julie Clarini et Brice Couturier ont eu la gentillesse de m'inviter à l'émission, "Du grain à moudre", qu'ils animent sur France culture, lundi 26 janvier (de 18h30 à 19h15), et qui sera consacré au thème : "La lutte contre l'insécurité nous met-elle en danger ?"
Mon ami, Jean-François, à qui j'ai demandé quelques documents pour préparer mon intervention m'envoie les informations suivantes, concernant deux exemples concrets et très actuels de restriction des libertés au nom de la lutte contre la déliquance :
- La garde à vue: "En 2008, on a recensé 577 816 gardes à vue contre 562 083 l’année précédente, soit une augmentation de 2,8 % : 477 223 de vingt-quatre heures au maximum contre 461 417 en 2007 (+ 3,4 %) et 100 593 de plus de vingt-quatre heures contre 100 666 ( - 0,1 %)" (chiffres cités par Pierre-Victor Tournier dans sa lettre hebdomadaire n° 120 "Arpenter le champ pénal", du 23 janvier 2009). "En sept ans, de 2000 à 2007, leur nombre a gonflé de moitié" (Le Monde, 23 avril 2008).
- Les fichiers: "En janvier 2009, à raison de 25 000 saisies nouvelles par mois, selon le service central d'identité judiciaire, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), qui comportait au 1er décembre 978 261 profils ADN, devrait franchir le cap symbolique du million d'empreintes. Et ce, moins de dix ans après la mise en route de cette base de données" (Le Monde, 9 décembre 2008) (Le Fnaeg concerne toute personne impliquée dans une procédure judiciaire et non seulement les délinquants sexuels qui sont fichés de plus sur un autre fichier). La Cour européenne des droit de l'homme a été saisie du cas des fichiers britanniques; elle a condamné la Grande-Bretagne, par un arrêt du 4 décembre 2008, pour sa législation qui autorise la conservation illimitée des échantillons et profils ADN des individus. Dans son arrêt rendu par la Grande Chambre, saisie dans les affaires particulièrement graves, la Cour a estimé, à l'unanimité, que le droit au respect de la vie privée et familiale de deux plaignants avait été violé.
Il faut également lire l'entretien de Robert Badinter publié dans le dernier n° de Télémara, qui dénonce les récentes atteintes à nos libertés en raison des impératifs (prétendus) de sécurité.
Je suis ouvert à toutes vos réflexions, suggestions sur ce thème...
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