On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

samedi 19 février 2011

Hans Holbein, Le Christ mort

« C’est un corps nu, couché sur la pierre, raide, affaissé, la peau verte plutôt que pâle. Cette peinture est impie à force d’être vraie ; car c’est un cadavre qu’Holbein a peint, ce n’est pas le corps d’un Dieu enseveli. La mort est trop empreinte sur ce corps pour que la vie y puisse jamais rentrer ; et si c’est là le Christ, Holbein ne croyait pas à la Résurrection » Saint-Marc Girardin, 1835.
« Le Christ mort est une œuvre terrible. C’est le cadavre en sa froide horreur, et rien de plus. Il est seul. Ni amis, ni parents, ni disciples. Il est seul abandonné au peuple immonde qui déjà grouille en lui, qui l’assiège et le goûte, invisible. [...] Certes Holbein tient pour Luther plus que pour Rome. Mais en secret il est contre toute église. [...] Holbein me donne à croire qu’il est un athée accompli. Ils sont très rares. Le Christ de Bâle me le prouve : il n’y a là ni amour, ni un reste de respect. Cette œuvre robuste et nue respire une dérision calme : voilà ce que c’est que votre Dieu, quelques heures après sa mort, dans le caveau ! Voilà celui qui ressuscite les morts ! » André Suares, 1948.

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