On se forme l'esprit et le sentiment par les conversations, Pascal

mardi 9 septembre 2008

Violences incomparables

Laquelle de ces deux expressions de la violence, l'une naturelle - le déchaînement de la mer en Bretagne lors de la tempête de 2007 - l'autre, celle des hommes se livrant, en Chine, aux plus atroces brutalités pour dépecer les animaux de leur fourrure - est la pire ? Est-il seulement besoin de poser la question, comme si il y avait une comparaison possible entre l'une et l'autre et qu'elles relevaient du même genre. L'une produit le sentiment de ce que Kant appelle le "sublime dynamique" : informe, sauvage, terrifiant, il nous fait accéder à l'infini et considérer comme dérisoires "les petites choses dont nous nous inquiétons", l'autre engendre un sentiment de honte, de répulsion et de profond dégoût envers ce dont les hommes sont capables. Si la première nous élève, la seconde nous abaisse, et au plus bas, quoique de ces deux formes de violence nous puissions être victimes. On peut périr en mer ou être tué par une brute (ou par un régime) qui nous a réduit au rang d'animal - au reste traiter ainsi les animaux est une dégradation de notre propre humanité - mais parler de la violence, en général, ne signifie rien.

video

La deuxième vidéo est présentée sur le site PETA France (Pour un traitement éthique des animaux), mais soyez avertis qu'elle est à la limite du supportable, la découpe de la fourrure se faisant sur des animaux martyrisés encore en vie. Il n'est pas besoin d'être un défenseur inconditionnel du droit des animaux pour dénoncer ces actes de pure barbarie, précisément parce que c'est de cela dont il s'agit : une manifestation de la barbarie humaine. Qu'elle soit le fait de fermiers chinois ne change rien à l'affaire, la mise à mort industrielle des poulets, des boeufs ou des veaux dans nos abattoirs se fait parfois dans des conditions qui ne sont pas moins atroces.


Pledge to go fur-free at PETA.org.

  • www.petafrance.com


  • Je remercie Gwendolyn et Stéphane de m'avoir envoyé ces images dont la confrontation nous montre que les notions, vidées des réalités effectives qu'elles désignent, ne sont que des mots creux.
    Allez croire après cela qu'il n'y aura ni jugement ni sanction, s'agirait-il d'un simple postulat que la raison pose et demande. Il serait injuste, absurde ou tout simplement "inconvenant" que les hommes ne soient pas un jour mis face à leurs actes et à leurs conséquences, dans l'au-delà ou dans une autre vie. Du moins une telle impunité aurait-elle quelque chose de désespérant, à quoi il n'est pas si aisé de se résoudre.
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